Carle problĂšme, câest que les images sont tournĂ©es dans la prison de Fresnes. Des dĂ©tenus qui jouent avec leurs gardiens : insupportable pour lâextrĂȘme droite. AoĂ»t 2022 en France, une polĂ©mique est nĂ©e. Il aura suffi de quelques tweets haineux pour que le garde des Sceaux cĂšde Ă la panique : il a vu des « images choquantes ». Une enquĂȘte est commandĂ©e.
Victor Hugo nâest plus. La main me tremble en annonçant cette irrĂ©parable catastrophe, Ă©crit lâhomme de presse et de lettres Auguste Vitu dans Le Figaro, au lendemain de la mort de lâillustre Ă©crivain. Je sais bien quâil Ă©tait plein de jours et quâil avait dĂ©passĂ© de beaucoup les limites ordinaires de la longĂ©vitĂ© de lâhomme. Quâimporte ! Nous lâaimions, je lâaimais pour ma part depuis quarante annĂ©es ; et si je nâallais pas jusquâĂ le croire immortel, je mâimaginais du moins, que je ne le verrais pas mourir. Chaque annĂ©e, au commencement du mois de fĂ©vrier, quelques amis fidĂšles songeaient Ă cĂ©lĂ©brer le nouvel anniversaire de la naissance du maĂźtre dans un banquet Ă la fois solennel et joyeux. Aux objections, aux rĂ©sistances, car les choses les plus simples ont leurs contradicteurs et leurs railleurs, nous rĂ©pondions seulement Il a passĂ© ses quatre-vingts ans ! Il faut se hĂąter de lâhonorer encore, câest peut-ĂȘtre la derniĂšre fois. » Mais, nous nâen croyions rien, et jâespĂ©rais fermement quâil ne finirait pas avant le siĂšcle quâil avait presque commencĂ©. Câen est fait, Victor Hugo entrĂ© vivant dans la postĂ©ritĂ© », entre aujourdâhui glorieux dans la mort. Devant cette grande tombe, les panĂ©gyriques sont superflus et les jugements contradictoires une sorte dâimpiĂ©tĂ©. Rappelons seulement Ă grands traits cette haute figure. NĂ© Ă Besançon, du commandant Joseph-LĂ©opold-Sigisbert Hugo, et de sa femme Sophie TrĂ©buchet, le 26 fĂ©vrier 1802, Victor-Marie Hugo reçut sa premiĂšre Ă©ducation au collĂšge des Nobles en Espagne, son pĂšre, devenu gĂ©nĂ©ral et comte de lâEmpire, ayant Ă©tĂ© appelĂ© aux fonctions de majordome ou grand chambellan du roi Joseph. Entre la huitiĂšme et la onziĂšme annĂ©e, les impressions reçues par le cerveau de lâenfant sont indĂ©lĂ©biles. Câest donc Ă lâEspagne elle-mĂȘme, et non Ă la ville de Besançon vieille ville espagnole », quâil faut attribuer le dĂ©veloppement initial des facultĂ©s pittoresques, lâintensitĂ© de coloris, la grandiloquence hautaine et familiĂšre Ă la fois qui caractĂ©risĂšrent lâĆuvre de Victor Hugo Ă toutes les Ă©poques de sa vie. Et cependant, je ne voudrais pas enlever Ă la citĂ© bizontine toute part de maternitĂ© artistique dans lâĂ©closion de cet Ă©trange gĂ©nie. Charles Nodier fut, comme Victor Hugo, un enfant de Besançon, et lâon ne saurait mĂ©connaĂźtre les points de ressemblance imaginative qui rapprochent lâauteur de Jean Sbogar et de Smarra, de lâauteur de Bug Jargal et de Han dâIslande. Les dĂ©buts littĂ©raires de Victor Hugo nâont plus besoin dâhistorien, depuis lâode sur les Avantages de lâEtude, Ă©crite Ă quinze ans et remarquĂ©e par lâAcadĂ©mie française, en 1817, jusquâaux gigantesques conceptions de sa vieillesse, les Contemplations, la LĂ©gende des siĂšcles, Religion et Religions, et lâAne. Roman, critique de littĂ©rature et dâart, drame, Ă©popĂ©e, poĂ©sie lyrique, il a tout abordĂ©, tout escaladĂ© ; il a plantĂ© son drapeau victorieux sur tous les sommets de la pensĂ©e et de lâart. La politique seule lui fut cruelle, et je nâentreprendrai pas ici lâhistoire de ses variations. Quâil ait, Ă lâaurore de sa vie, chantĂ© tour Ă tour les gloires de la monarchie et celles de lâEmpire, quâil ait figurĂ©, en vertu dâune invitation officielle, au sacre du roi Charles X, quâil ait cĂ©lĂ©brĂ© la naissance du duc de Bordeaux et dĂ©plorĂ© la mort du roi de Rome, quoi de plus naturel ! Il en avait le droit. Son pĂšre, vieux soldat, sa mĂšre, VendĂ©enne, sâemparaient lâun aprĂšs lâautre, et mĂȘme tous deux ensemble, de ses sympathies et de ses aspirations. Comment lui en faire un crime ? La plus grande et jâoserai dire la meilleure partie de la sociĂ©tĂ© française nâen Ă©tait-elle pas lĂ au lendemain du premier Empire ? La volontĂ© du hĂ©ros nâavait-elle pas accompli, au feu de cent batailles, la fusion des blancs et des bleus ? La rĂ©volution de Juillet renforça chez Victor Hugo cette derniĂšre nuance aux dĂ©pens de la premiĂšre. Entre la dynastie dâOrlĂ©ans et la dynastie NapolĂ©onienne il y avait communautĂ© de drapeau. Pour lâune comme pour lâautre, les trois couleurs symbolisaient lâalliance de la forme monarchique avec les principes de 1789. Et de fait, pendant dix-huit ans, combattant pour les droits de la pensĂ©e tantĂŽt comme simple particulier, tantĂŽt comme pair de France, plaidant mĂȘme Ă la derniĂšre heure, sur les barricades du 24 fĂ©vrier 1848, la cause de cette monarchie Ă©boulĂ©e sous les pavĂ©s dâoĂč elle Ă©tait sortie, Victor Hugo demeura fermement conservateur, dans le sens le plus Ă©levĂ© et le plus libĂ©ral de ce mot. Son manifeste Ă©lectoral de juin 1848, oĂč il se proclamait le champion de la RĂ©publique tricolore », affirma dâune maniĂšre Ă©clatante ses convictions politiques, qui lui assignaient lâune des premiĂšres places parmi les groupes de la droite modĂ©rĂ©e. Ses traditions personnelles lâattiraient invinciblement vers le prince Louis-NapolĂ©on, devenu prĂ©sident de la RĂ©publique, et si le prince eĂ»t Ă©tĂ© libre de ses mouvements et de ses volontĂ©s, Victor Hugo fĂ»t devenu son ministre presque au lendemain du Dix-DĂ©cembre [journĂ©e lors de laquelle Louis-NapolĂ©on Bonaparte devint le premier PrĂ©sident de la RĂ©publique française]. Les coteries parlementaires en dĂ©cidĂšrent autrement. Les directeurs politiques de la rue de Poitiers mĂ©connurent ou jalousĂšrent la personnalitĂ© de M. Victor Hugo. Il faut dire, si surprenant et si puĂ©ril que cela paraisse, que les prĂ©jugĂ©s littĂ©raires prenaient chez la plupart de ceux quâon appelait les Burgraves » lâimportance de scrupules qui allaient jusquâĂ la rĂ©pugnance. Les continuateurs et les disciples des Etienne, des Jay et des autres hommes de goĂ»t » de lâancien Constitutionnel, ne se consolaient pas encore dâavoir perdu la bataille dâHernani. LâintolĂ©rance religieuse se mettant de la partie, il arriva ceci câest que la majoritĂ© conservatrice de lâAssemblĂ©e lĂ©gislative couvrit dâapplaudissements un discours de M. de Montalembert saturĂ© dâinsultes contre Victor Hugo, et que lâhistorien de sainte Elisabeth de Hongrie se fĂ©licita comme un avantage personnel dâavoir chassĂ© du parti conservateur lâauteur de Notre-Dame de Paris. Telle est lâintelligence des partis politiques. On sait le reste. Mais vingt annĂ©es dâexil imposĂ© dâabord, puis volontaire, suivi de quinze annĂ©es de repos au sein de la patrie, avaient refait Ă Victor Hugo une nouvelle existence, devant laquelle chacun tour Ă tour Ă©tait venu apporter un hommage, parfois mĂȘme un repentir. EnvironnĂ© de lâadmiration publique, consolĂ© de ses Ă©preuves passĂ©es et de ses douleurs domestiques par une popularitĂ© prodigieuse et sans exemple dans notre pays, Victor Hugo nâapparaissait plus que comme le symbole radieux du gĂ©nie de la France. Nulle royautĂ© littĂ©raire nâĂ©gala jamais la sienne. Voltaire rĂ©gnait Ă dâautres titres. On a dit de Voltaire quâil Ă©tait le second dans tous les genres. Victor Hugo, au contraire, est et demeurera le premier dans plusieurs. Ni dans ce siĂšcle, ni dans nul des siĂšcles qui lâont prĂ©cĂ©dĂ©, la France nâa possĂ©dĂ© un poĂšte de cette hauteur, de cette abondance et de cette envergure. Il est pour nous ce que Dante, PĂ©trarque, le Tasse et lâArioste rĂ©unis furent pour lâItalie ; câest le chĂȘne immense dont les robustes frondaisons couvrent depuis soixante ans de leur ombre les floraisons sans cesse renaissantes de la pensĂ©e française. Jâai dit quâil vivra, et sa meilleure force pour durer Ă travers les Ăąges futurs, câest que son gĂ©nie, quoiquâen aient dit par irrĂ©flexion, par injustice ou par une connaissance imparfaite des choses, est dâessence absolument aborigĂšne et nationale. On a dit quâil avait renversĂ© les rĂšgles et ramenĂ© dans nos coutumes poĂ©tiques, vernacula nostra, lâantique barbarie, jadis vaincue par Malherbe et Boileau. Quelle erreur ! Victor Hugo nâa pas renversĂ© les barriĂšres ; il les a franchies dâun bond, et sâest retrouvĂ© derriĂšre Boileau et derriĂšre Malherbe, en contact direct avec le libre gĂ©nie de nos grands poĂštes des seiziĂšme et dix-septiĂšme siĂšcles, avec Ronsard, avec Remi Belleau, avec Regnard, avec Desportes, avec Tristan LâHermite, avec Beys, et aussi avec Rotrou, avec Pierre Corneille, et dâautres poĂštes encore, plĂ©iade si nombreuse que son dĂ©nombrement fatiguerait nos mĂ©moires dĂ©biles. Cependant, il nâa voulu reprendre aux ancĂȘtres que lâindĂ©pendance de leur pensĂ©e, que lâampleur de leurs pĂ©riodes et de leurs attitudes ; il a tenu pour acquises les sages corrections de forme indiquĂ©es par les lĂ©gislateurs du Parnasse », loin de faire front Ă Malherbe et Ă Boileau pour les combattre, il se les est mis Ă dos pour sâappuyer sur eux. Le respect de la forme, il le pratiquait pour lui-mĂȘme avec une si sĂ©vĂšre correction quâil lâa imposĂ©e comme une loi dĂ©sormais inĂ©luctable Ă ses enfants et aux enfants de ses petits-enfants. Un mot encore ; tout est-il donc fini, Victor Hugo est-il enseveli tout entier dans son cercueil ? Tout est-il donc si peu que ce soit lĂ quâon tienne ? Victor Hugo ne le pensait pas. Quelles que fussent les causes secrĂštes de son Ă©loignement, plus ou moins invincible, mais Ă©vident, pour les dogmes du culte dans lequel il avait Ă©tĂ© Ă©levĂ©, Victor Hugo demeurait un croyant et un croyant sincĂšre. Il ne sâen cachait pas, il sâen faisait gloire. Je me permis un jour de lui produire, sous forme de question, la formule rĂ©sumĂ©e de ses idĂ©es, telles quâil venait de les exposer avec une chaleureuse Ă©loquence dans lâun de ses derniers volumes de vers. Ceux qui se flattent de connaĂźtre Dieu sous une figure dĂ©terminĂ©e et de lâenfermer dans un dogme sont des tĂ©mĂ©raires ; ceux qui le nient sont des imbĂ©ciles. » â TrĂšs exact ! » me rĂ©pondit-il VoilĂ ma profession de foi ; et ajoutez y que ce Dieu que je ne connais pas, je lâadore de toutes les forces de mon intelligence et de ma raison. » Les funĂ©railles de Victor Hugo seront ce quâil les aura ordonnĂ©es, en tout cas, le deuil public les fera nationales. Avec elles sonnera le glas dâun siĂšcle qui finit, et qui finit mal.
Cest Ă©tonnant car ce sens de la nuance que vous nâaimez pas chez Hugo moi je lâadmire et câest ce que jâadmire Ă©galement chez Camus. Câest pour moi lâintuition supĂ©rieur du poĂšte qui va jusquâau bout de la chaĂźne des causes
JamesFONDATEUR ADMINISTRATEUR Nombre de messages 140903Age 58Localisation Mon Ailleurs c'est Charleville-MĂ©ziĂšresDate d'inscription 04/09/2007Sujet Ce que c'est que la mort de Victor HUGO 1802-1885 Mer 24 FĂ©v - 1806 Ce que c'est que la mortNe dites pas mourir ; dites naĂźtre. voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ;On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ;On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil,La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ;Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ;Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ;Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme vit, usant ses jours Ă se remplir d'orgueil ;On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe,On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnuVous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,Impur, hideux, nouĂ© des mille noeuds funĂšbresDe ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est bĂ©ni, Sans voir la main d'oĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chante L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un les longs silences, je m'entends rĂȘver... James
Ditpar Christophe LACAZE. Ne dites pas : mourir ; dites : naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes Consultez les textes de Victor HUGO (1802-1885) sur la BibliothĂšque ClĂ©. CLE Maison d'Ă©dition - La BibliothĂšque ClĂ© - le-livre-cle.fr
Victor Hugo, un gĂ©ant au cĆur romantique 003806 Au milieu du XIXe siĂšcle, Victor Hugo est au sommet de sa gloire. Il est loin dâimaginer que les vents mauvais de la tragĂ©die, qui frappent ses personnages fictifs, vont heurter son propre entourage et le blesser dans sa chair. Ă commencer par sa fille ainĂ©e, sa fille adorĂ©e, LĂ©opoldine. Il lâaime tellement quâil ne peut se rĂ©soudre Ă la laisser quitter le nid familial au bras dâun autre homme que lui-mĂȘme. LĂ©opoldine est amoureuse dâun jeune homme Charles Vacquerie, fils d'un armateur du Havre. Elle nâa que quatorze ans. "Ma fille est bien trop jeune et ce Vacquerie bien falot", tranche Hugo. Alors LĂ©opoldine patiente et aprĂšs trois ans dâidylle secrĂšte, Victor Hugo, papa poule, ultra possessif et fusionnel, finit par cĂ©der, de mauvaise grĂące. D'ailleurs, il fait tout pour retarder les noces, au point de prĂ©texter une paralysie de la main pour ne pas signer le registre de mariage ! Chose amusante dans Les MisĂ©rables, Jean Valjean feint dâavoir le pouce blessĂ© pour ne pas signer lâacte de mariage entre Marius et Cosette ! LĂ©opoldine et Charles peuvent donc convoler en justes noces. Mais seulement sept mois plus tard, la tragĂ©die frappe. La mort de deux amants Ă Villequier en Normandie, LĂ©opoldine et son mari montent Ă bord dâun canot pour une petite virĂ©e sur la Seine. Soudain un tourbillon de vent s'Ă©lĂšve, sâabat sur la voile et fait brusquement chavirer le canot. LĂ©opoldine ne sait pas nager, Charles, lui, est excellent nageur. Il tente tout pour sauver sa femme, qui sous l'eau, se cramponne dĂ©sespĂ©rĂ©ment au canot renversĂ©. Charles plonge et replonge, en vain. Alors, dans un Ă©lan de dĂ©sespoir, il plonge une derniĂšre fois pour rejoindre son Ă©pouse et ne plus la quitter. Les deux jeunes mariĂ©s pĂ©rissent noyĂ©s, ensemble. LĂ©opoldine n'avait que dix-neuf ans. Victor Hugo apprend la terrible nouvelle par la presse, de retour de voyage. Il est anĂ©anti. Sa LĂ©opoldine chĂ©rie nâest plus. Lorsquâil arrive Ă Villequier, les deux amants, sont dĂ©jĂ enterrĂ©s, ensemble dans la mĂȘme sĂ©pulture. La mort de sa fille inspirera Ă Victor Hugo son plus cĂ©lĂšbre poĂšme, Demain dĂšs lâaube, paru dans le recueil, les Contemplations. Allez, je ne rĂ©siste pas Ă lâenvie de vous le lire le premier quatrain "Demain, dĂšs l'aube, Ă l'heure oĂč blanchit la campagne,Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m' par la forĂȘt, j'irai par la ne puis demeurer loin de toi plus longtemps". Un pĂšre qui vit dans le culte de sa dĂ©funte filleLa mort de LĂ©opoldine touche tout le clan Hugo, en particulier sa jeune sĆur AdĂšle ĂągĂ©e de 13 ans. Elle, qui a reçu moins dâattention que lâainĂ©e, pense pouvoir la substituer dans le cĆur de son pĂšre. Mais LĂ©opoldine reste irremplaçable, et son pĂšre inconsolable. La famille vit dans le culte de la dĂ©funte, vĂ©nĂ©rant comme des saintes reliques ses effets personnels et ses robes. Elle hante le cĆur de son pĂšre et continue de faire de lâombre Ă sa jeune sĆur. AdĂšle manifeste alors les premiers signes de graves troubles psychiques. En proie Ă des dĂ©lires de plus en plus frĂ©quents, sa santĂ© mentale se dĂ©grade. Elle est placĂ©e dans en hĂŽpital psychiatrique, oĂč elle finira ses jours. Câest Ă croire que tous les ĂȘtres chers au grand homme sont condamnĂ©s Ă souffrir. Les annĂ©es qui suivent la mort de LĂ©opoldine, Hugo nâĂ©crit plus rien, ou presque. Ni théùtre, ni roman, ni poĂšme. Lâencre a sĂ©chĂ©, mais pas les larmes. LâactualitĂ© par la rĂ©daction de RTL dans votre boĂźte mail. GrĂące Ă votre compte RTL abonnez-vous Ă la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualitĂ© au quotidien Sâabonner Ă la Newsletter RTL Info
Dela cĂ©lĂšbre RĂ©ponse Ă un acte d'accusation, oĂč le poĂšte pose en rĂ©volutionnaire de la langue, Ă Ce que dit la bouche d'ombre, inspirĂ© de l'expĂ©rience du spiritisme, en passant par les poĂšmes sur la mort de LĂ©opoldine, ce sont les mĂ©moires d'une Ăąme qui se dessinent en creux. Parues en 1856 entre Les ChĂątiments et La LĂ©gende des siĂšcles, Les Contemplations marquent le
Nous prĂ©sentons deux textes de Victor Hugo. Le premier est celui du rĂ©cit de la mort d'HonorĂ© de Balzac 1799-1850 tandis que le deuxiĂšme est celui de l'oraison funĂšbre qu'il a prononcĂ©e devant la tombe du cĂ©lĂšbre Ă©crivain. Ăcrit d'un ton familier, le premier est truffĂ© d'anecdotes. Le second est chargĂ© de gravitĂ©, exaltant le gĂ©nie de Balzac et mĂ©ditant la mort qui est une grande Ă©galitĂ© et une grande liberté».La mort de Balzac par Victor Hugo Le 18 aoĂ»t 1850, ma femme, qui avait Ă©tĂ© dans la journĂ©e pour voir Mme de Balzac, me dit que M. de Balzac se mourait. J'y courus. M. de Balzac Ă©tait atteint depuis dix-huit mois d'une hypertrophie du coeur. AprĂšs la rĂ©volution de FĂ©vrier, il Ă©tait allĂ© en Russie et s'y Ă©tait mariĂ©. Quelques jours avant son dĂ©part, je l'avais rencontrĂ© sur le boulevard; il se plaignait dĂ©jĂ et respirait bruyamment. En mai 1850, il Ă©tait revenu en France, mariĂ©, riche et mourant. En arrivant, il avait dĂ©jĂ les jambes enflĂ©es. Quatre mĂ©decins consultĂ©s l'auscultĂšrent. L'un d'eux, M. Louis, me dit le 6 juillet Il n'a pas six semaines Ă vivre. C'Ă©tait la mĂȘme maladie que FrĂ©dĂ©ric SouliĂ©. Le 18 aoĂ»t, j'avais mon oncle, le gĂ©nĂ©ral Louis Hugo, Ă dĂźner. SitĂŽt levĂ© de table, je le quittai et je pris un fiacre qui me mena avenue FortunĂ©e, n° 14, dans le quartier Beaujon. C'Ă©tait lĂ que demeurait M. de Balzac. Il avait achetĂ© ce qui restait de l'hĂŽtel de M. de Beaujon, quelques corps de logis bas Ă©chappĂ©s par hasard Ă la dĂ©molition ; il avait magnifiquement meublĂ© ces masures et s'en Ă©tait fait un charmant petit hĂŽtel, ayant porte cochĂšre sur l'avenue FortunĂ©e et pour tout jardin une cour longue et Ă©troite oĂč les pavĂ©s Ă©taient coupĂ©s çà et lĂ de plates-bandes. Je sonnai. Il faisait un clair de lune voilĂ© de nuages. La rue Ă©tait dĂ©serte. On ne vint pas. Je sonnai une seconde fois. La porte s'ouvrit. Une servante m'apparut avec une chandelle. Que veut monsieur ? » dit-elle. Elle pleurait. Je dis mon nom. On me fit entrer dans le salon qui Ă©tait au rez-de- chaussĂ©e, et dans lequel il y avait, sur une console opposĂ©e Ă la cheminĂ©e, le buste colossal en marbre de Balzac par David. Une bougie brĂ»lait sur une riche table ovale posĂ©e au milieu du salon et qui avait en guise de pieds six statuettes dorĂ©es du plus beau goĂ»t. Une autre femme vint qui pleurait aussi et me dit Il se meurt. Madame est rentrĂ©e chez elle. Les mĂ©decins l'ont abandonnĂ© depuis hier. Il a une plaie Ă la jambe gauche. La gangrĂšne y est. Les mĂ©decins ne savent ce qu'ils font. Ils disaient que l'hydropisie de monsieur Ă©tait une hydropisie couenneuse, une infiltration, c'est leur mot, que la peau et la chair Ă©taient comme du lard et qu'il Ă©tait impossible de lui faire la ponction. Eh bien, le mois dernier, en se couchant, Monsieur s'est heurtĂ© Ă un meuble historiĂ©, la peau s'est dĂ©chirĂ©e, et toute l'eau qu'il avait dans le corps a coulĂ©. Les mĂ©decins ont dit Tiens ! Cela les a Ă©tonnĂ©s et depuis ce temps-lĂ ils lui ont fait la ponction. Ils ont dit Imitons la nature. Mais il est venu un abcĂšs Ă la jambe. C'est M. Roux qui l'a opĂ©rĂ©. Hier on a levĂ© l'appareil. La plaie, au lieu d'avoir suppurĂ©, Ă©tait rouge, sĂšche et brĂ»lante. Alors ils ont dit Il est perdu ! et ne sont plus revenus. On est allĂ© chez quatre ou cinq, inutilement. Tous ont rĂ©pondu Il n'y a rien Ă faire. La nuit a Ă©tĂ© mauvaise. Ce matin, Ă neuf heures, monsieur ne parlait plus. Madame a fait chercher un prĂȘtre. Le prĂȘtre est venu et a donnĂ© Ă Monsieur l'extrĂȘme- onction. Monsieur a fait signe qu'il comprenait. Une heure aprĂšs, il a serrĂ© la main Ă sa soeur, Mme de Surville. Depuis onze heures il rĂąle et ne voit plus rien. Il ne passera pas la nuit. Si vous voulez, monsieur, je vais aller chercher M. de Surville, qui n'est pas encore couchĂ©. » La femme me quitta. J'attendis quelques instants. La bougie Ă©clairait Ă peine le splendide ameublement du salon et de magnifiques peintures de Porbus et de Holbein suspendues aux murs. Le buste de marbre se dressait vaguement dans cette ombre comme le spectre de l'homme qui allait mourir. Une odeur de cadavre emplissait la maison. M. de Surville entra et me confirma tout ce que m'avait dit la servante. Je demandai Ă voir M. de Balzac. Nous traversĂąmes un corridor, nous montĂąmes un escalier couvert d'un tapis rouge et encombrĂ© d'objets d'art, vases, statues, tableaux, crĂ©dences portant des Ă©maux, puis un autre corridor, et j'aperçus une porte ouverte. J'entendis un rĂąlement haut et sinistre. J'Ă©tais dans la chambre de Balzac. Un lit Ă©tait au milieu de cette chambre. Un lit d'acajou ayant au pied et Ă la tĂȘte des traverses et des courroies qui indiquaient un appareil de suspension destinĂ© Ă mouvoir le malade. M. de Balzac Ă©tait dans ce lit, la tĂȘte appuyĂ©e sur un monceau d'oreillers auxquels on avait ajoutĂ© des coussins de damas rouge empruntĂ©s au canapĂ© de la chambre. Il avait la face violette, presque noire, inclinĂ©e Ă droite, la barbe non faite, les cheveux gris et coupĂ©s courts, l'oeil ouvert et fixe. Je le voyais de profil, et il ressemblait ainsi Ă l'Empereur. Une vieille femme, la garde, et un domestique se tenaient debout des deux cĂŽtĂ©s du lit. Une bougie brĂ»lait derriĂšre le chevet sur une table, une autre sur une commode prĂšs de la porte. Un vase d'argent Ă©tait posĂ© sur la table de nuit. Cet homme et cette femme se taisaient avec une sorte de terreur et Ă©coutaient le mourant rĂąler avec bruit. La bougie au chevet Ă©clairait vivement un portrait d'homme jeune, rose et souriant, suspendu prĂšs de la cheminĂ©e. Une odeur insupportable s'exhalait du lit. Je soulevai la couverture et je pris la main de Balzac. Elle Ă©tait couverte de sueur. Je la pressai. Il ne rĂ©pondit pas Ă la pression. C'Ă©tait cette mĂȘme chambre oĂč je l'Ă©tais venu voir un mois auparavant. Il Ă©tait gai, plein d'espoir, ne doutant pas de sa guĂ©rison, montrant son enflure en riant. Nous avions beaucoup causĂ© et disputĂ© politique. Il me reprochait ma dĂ©magogie». Lui Ă©tait lĂ©gitimiste. Il me disait Comment avez-vous pu renoncer avec tant de sĂ©rĂ©nitĂ© Ă ce titre de pair de France, le plus beau aprĂšs le titre de roi de France» - Il me disait aussi J'ai la maison de M. de Beaujon, moins le jardin, mais avec la tribune sur la petite Ă©glise du coin de la rue. J'ai lĂ dans mon escalier une porte qui ouvre sur l'Ă©glise. Un tour de clef et je suis Ă la messe. Je tiens plus Ă cette tribune qu'au jardin.» - Quand je l'avais quittĂ©, il m'avait reconduit jusqu'Ă cet escalier, marchant pĂ©niblement, et m'avait montrĂ© cette porte, et il avait criĂ© Ă sa femme Surtout, fais bien voir Ă Hugo tous mes tableaux.» La garde me dit Il mourra au point du jour.» Je redescendis, emportant dans ma pensĂ©e cette figure livide ; en traversant le salon, je retrouvai le buste immobile, impassible, altier et rayonnant vaguement, et je comparai la mort Ă l'immortalitĂ©. RentrĂ© chez moi, c'Ă©tait un dimanche, je trouvai plusieurs personnes qui m'attendaient, entre autres Riza-Bey, le chargĂ© d'affaires de Turquie, Navarrete, le poĂšte espagnol et le comte Arrivabene, proscrit italien. Je leur dis Messieurs, l'Europe va perdre un grand esprit.» Il mourut dans la nuit. Il avait cinquante et un ans. Extrait de Chez Soi, n° 43, 10 aoĂ»t 1907; Site Les cĂ©lĂ©britĂ©s et la mort ses-obseques-sa-tombe-anecdote Dicours prononcĂ© aux funĂ©railles de M. HonorĂ© de Balzac 29 aoĂ»t 1850 Messieurs, L'homme qui vient de descendre dans cette tombe Ă©tait de ceux auxquels la douleur publique fait cortĂšge. Dans les temps oĂč nous sommes, toutes les fictions sont Ă©vanouies. Les regards se fixent dĂ©sormais non sur les tĂȘtes qui rĂšgnent, mais sur les tĂȘtes qui pensent, et le pays tout entier tressaille lorsqu'une de ces tĂȘtes disparaĂźt. Aujourd'hui, le deuil populaire, c'est la mort de l'homme de talent; le deuil national, c'est la mort de l'homme de gĂ©nie. Messieurs, le nom de Balzac se mĂȘlera Ă la trace lumineuse que notre Ă©poque laissera Ă l'avenir. M. de Balzac faisait partie de cette puissante gĂ©nĂ©ration des Ă©crivains du dix-neuviĂšme siĂšcle qui est venue aprĂšs NapolĂ©on, de mĂȘme que l'illustre plĂ©iade du dix-septiĂšme est venue aprĂšs Richelieu - comme si, dans le dĂ©veloppement de la civilisation, il y avait une loi qui fit succĂ©der aux dominateurs par le glaive les dominateurs de par l'esprit. M. de Balzac Ă©tait un des premiers parmi les plus grands, un des plus hauts parmi les meilleurs. Ce n'est pas le lieu de dire ici tout ce qu'Ă©tait cette splendide et souveraine intelligence. Tous ses livres ne forment qu'un livre, livre vivant, lumineux, profond, oĂč l'on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d'effarĂ© et de terrible mĂȘlĂ© au rĂ©el, toute notre civilisation contemporaine; livre merveilleux que le poĂšte a intitulĂ© comĂ©die et qu'il aurait pu intituler histoire, qui prend toutes les formes et tous les styles, qui dĂ©passe Tacite et qui va jusqu'Ă SuĂ©tone, qui traverse Beaumarchais et qui va jusqu'Ă Rabelais; livre qui est l'observation et qui est l'imagination; qui prodigue le vrai, l'intime, le bourgeois, le trivial, le matĂ©riel, et qui par moment, Ă travers toutes les rĂ©alitĂ©s brusquement et largement dĂ©chirĂ©es, laisse tout Ă coup entrevoir le plus sombre et le plus tragique idĂ©al. Ă son insu, qu'il le veuille ou non, qu'il y consente ou non, l'auteur de cette oeuvre immense et Ă©trange est de la forte race des Ă©crivains rĂ©volutionnaires. Balzac va droit au but. Il saisit corps Ă corps la sociĂ©tĂ© moderne. Il arrache Ă tous quelque chose, aux uns l'illusion, aux autres l'espĂ©rance, Ă ceux-ci un cri, Ă ceux-lĂ un masque. Il fouille le vice, il dissĂšque la passion. Il creuse et sonde l'homme, l'Ăąme, le coeur, les entrailles, le cerveau, l'abĂźme que chacun a en soi. Et, par un don de sa libre et vigoureuse nature, par un privilĂšge des intelligences de notre temps qui, ayant vu de prĂšs les rĂ©volutions, aperçoivent mieux la fin de l'humanitĂ© et comprennent mieux la Providence, Balzac se dĂ©gage souriant et serein de ces redoutables Ă©tudes qui produisaient la mĂ©lancolie chez MoliĂšre et la misanthropie chez Rousseau. VoilĂ ce qu'il a fait parmi nous. VoilĂ l'oeuvre qu'il nous laissĂ©, oeuvre haute et solide, robuste entassement d'assises de granit, monument, oeuvre du haut de laquelle resplendira dĂ©sormais sa renommĂ©e. Les grands hommes font leur propre piĂ©destal; l'avenir se charge de la statue. Sa mort a frappĂ© Paris de stupeur. Depuis quelques mois il Ă©tait rentrĂ© en France. Se sentant mourir, il avait voulu revoir la patrie, comme la veille d'un grand voyage on vient embrasser sa mĂšre! Sa vie a Ă©tĂ© courte, mais pleine; plus remplie d'oeuvres que de jours! HĂ©las! ce travailleur puissant et jamais fatiguĂ©, ce philosophe, ce penseur, ce poĂšte, ce gĂ©nie, a vĂ©cu parmi nous de cette vie d'orages, de luttes, de querelles, de combats, commune dans tous les temps Ă tous les grands hommes. Aujourd'hui, le voici en paix. Il sort des contestations et des haines. Il entre, le mĂȘme jour, dans la gloire et le tombeau. Il va briller dĂ©sormais, au-dessus de toutes ces nuĂ©es qui sont nos tĂȘtes, parmi les Ă©toiles de la patrie. Vous tous qui ĂȘtes ici, est-ce que vous n'ĂȘtes pas tentĂ©s de l'envier? Messieurs, quelle que soit notre douleur en prĂ©sence d'une telle perte, rĂ©signons-nous Ă ces catastrophes. Acceptons-les dans ce qu'elles ont de poignant et de sĂ©vĂšre. Il est bon peut-ĂȘtre, il est nĂ©cessaire peut-ĂȘtre, dans une Ă©poque comme la nĂŽtre, que de temps en temps une grande mort communique aux esprits dĂ©vorĂ©s de doute et de scepticisme un Ă©branlement religieux. La Providence sait ce qu'elle fait lorsqu'elle met ainsi le peuple face Ă face avec le mystĂšre suprĂšme, et quand elle lui donne Ă mĂ©diter la mort qui est la grande Ă©galitĂ© et qui est aussi la grande libertĂ©. La Providece sait ce quelle fait, car c'est lĂ le plus haut de tous les enseignements. Il ne peut y avoir que d'austĂšres et sĂ©rieuses pensĂ©es dans tous les coeurs, quand un sublime esprit fait majestueusement son entrĂ©e dans l'autre vie! quand un de ces ĂȘtres qui ont planĂ© longtemps au-dessus de la foule avec les ailes visibles du gĂ©nie, dĂ©ployant tout Ă coup ces autres ailes qu'on ne voit pas, s'enfonce brusquement dans l'inconnu! Non, ce n'est pas l'inconnu! Non, je l'ai dĂ©jĂ dit dans une autre occasion douloureuse, et je ne me lasserai pas de le rĂ©pĂ©ter, non, ce n'est pas la nuit, c'est la lumiĂšre! Ce n'est pas la fin, c'est le commencement! Ce n'est pas le nĂ©ant, c'est l'Ă©ternitĂ©! N'est-il pas vrai, vous tous qui m'Ă©coutez? De pareils cercueils dĂ©montrent l'immortalitĂ©; en prĂ©sence de certains morts illustres, on sent plus distinctement les destinĂ©es divines de cette intelligence qui traverse la terre pour souffrir et pour se purifier et qu'on appelle l'homme, et l'on se dit qu'il est impossible que ceux qui ont Ă©tĂ© des gĂ©nies pendant leur vie ne soient pas des Ăąmes aprĂšs leur mort! Victor Hugo, LittĂ©rature et philosophie mĂȘlĂ©es, Tome 2 , Paris, Librairie L. Hachette et Cie, 1868
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THEATREGIERES âGuillotineâ, ou la peine de mort dĂ©noncĂ©e par Victor Hugo Par Isabelle CALENDRE - 17 fĂ©vr. 2013 Ă 06:05 - Temps de lecture : 01 / 03
Vous ĂȘtes ici Accueil Histoire Grands dis... Victor Hugo 15 septembre 1848 Contenu de l'article Victor Hugo abolition de la peine de mort 15 septembre 1848 Toute sa vie Victor Hugo a Ă©tĂ© un farouche abolitionniste. Ce combat contre la peine de mort est d'abord menĂ© au moyen de son oeuvre littĂ©raire. Dans deux romans, Le dernier jour d'un condamnĂ© 1829 et Claude Gueux 1834, il dĂ©peint la cruautĂ© des exĂ©cutions capitales auxquelles il a assistĂ© dans son enfance. S'il avoue que l'Ă©criture l'a libĂ©rĂ© d'une culpabilitĂ©, il ajoute, dans la prĂ©face de 1832 du dernier jour d'un condamnĂ©, que se laver les mains est bien, empĂȘcher le sang de couler serait mieux ». Ălu pair de France, Victor Hugo tente sans succĂšs de convaincre ses collĂšgues lors du procĂšs de Pierre Lecomte, accusĂ© de tentative d'assassinat sur Louis-Philippe, d'Ă©carter le chĂątiment suprĂȘme. Mais, c'est au cours de la sĂ©ance de l'AssemblĂ©e constituante du 15 septembre 1848 qu'il prononce son discours le plus cĂ©lĂšbre pour l'abolition de la peine de mort. DĂ©jĂ , en 1830, Ă l'AssemblĂ©e nationale, cette question avait donnĂ© lieu Ă un dĂ©bat public. La proposition de loi de Destutt de Tracy dĂ©posĂ©e le 17 aoĂ»t 1830 est suivie d'un vote par la Chambre des dĂ©putĂ©s d'une Adresse au Roi demandant l'abolition. Puis la loi du 28 avril 1832 modifiant le code pĂ©nal supprime neuf cas passibles de la peine capitale complot sans attentat, fausse monnaie, contrefaçon des sceaux de l'Etat, certains incendies volontaires, vol avec circonstances aggravantes notamment et gĂ©nĂ©ralise les circonstances attĂ©nuantes. En 1838 ont lieu de nouveaux dĂ©bats au cours desquels intervient Lamartine. En 1848 deux jours aprĂšs la proclamation de la DeuxiĂšme RĂ©publique, un dĂ©cret du Gouvernement provisoire abolit la peine de mort en matiĂšre politique. Dans une lettre Ă Lamartine du 27 fĂ©vrier 1848, Victor Hugo approuve l'abolition. Candidat Ă l'AssemblĂ©e constituante lors du scrutin complĂ©mentaire du 4 juin 1848, il explique, dans sa profession de foi du 26 mai 1848, ce qu'il attend de la RĂ©publique une libertĂ© sans usurpation et sans violence, une Ă©galitĂ© qui admettra la croissance naturelle de chacun, une fraternitĂ© non de moines dans un couvent, mais d'hommes libres, donnera Ă tous l'enseignement comme le soleil donne la lumiĂšre. » AprĂšs les Ă©meutes de juin, il intervient, pendant tout le mois de juillet, en faveur de nombreux prisonniers politiques menacĂ©s d'exĂ©cution et de dĂ©portation. Quelques mois aprĂšs la proclamation de la RĂ©publique, il s'agit pour les reprĂ©sentants de la Nation de la doter d'une Constitution. L'article 5 du projet, inspirĂ© par le dĂ©veloppement du romantisme rĂ©volutionnaire et par le fait que dans une pĂ©riode si troublĂ©e les opposants d'aujourd'hui, parfois qualifiĂ©s de criminels », ont vocation Ă devenir les dirigeants de demain, dispose que la peine de mort est abolie en matiĂšre politique ». Trois dĂ©putĂ©s, Coquerel, Rabuan et Buvignier, dĂ©posent alors des amendements identiques visant Ă supprimer les mots en matiĂšre politique. », ce qui a pour consĂ©quence de proposer d'Ă©tendre l'abolition aux crimes de droit commun. C'est pour soutenir cette rĂ©daction de l'article que Victor Hugo intervient Ă l'improviste », mais il ne parvient pas Ă la faire adopter. Les amendements sont rejetĂ©s par 498 voix contre 216. Victor Hugo poursuivra ce combat jusqu'Ă sa mort. Lors de l'exil, il mĂšnera une campagne auprĂšs de la population de Guernesey pour la commutation de la peine du criminel John Tapner et Ă©choue face Ă l'inflexibilitĂ© du secrĂ©taire d'Ătat de l'IntĂ©rieur, Lord Palmerston. Ses espoirs de voir sa cause progresser avec le retour de la RĂ©publique seront déçus par la sanglante rĂ©pression des communards ».Pour autant, ce discours constituera une rĂ©fĂ©rence pour ceux qui militeront pour l'abolition de la peine de mort jusqu'Ă la loi du 9 octobre 1981. Le citoyen Victor Hugo. Messieurs, comme l'honorable rapporteur de votre commission, je ne m'attendais pas Ă parler sur cette grave et importante matiĂšre. Je regrette que cette question, la premiĂšre de toutes peut-ĂȘtre, arrive au milieu de vos dĂ©libĂ©rations presque Ă lâimproviste, et surprenne les orateurs non prĂ©parĂ©s. Quant Ă moi, je dirai peu de mots, mais, ils partiront du sentiment dâune conviction profonde et ancienne. Vous venez de consacrer lâinviolabilitĂ© du domicile ; nous vous demandons de consacrer une inviolabilitĂ© plus haute et plus sainte encore ; lâinviolabilitĂ© de la vie humaine. Messieurs, une constitution, et surtout une constitution faite par et pour la France, est nĂ©cessairement un pas dans la civilisation ; si elle nâest point un pas dans la civilisation, elle nâest rien. TrĂšs bien ! trĂšs bien ! Eh bien, songez-y ! Quâest-ce que la peine de mort ? La peine de mort est le signe spĂ©cial et Ă©ternel de la barbarie. Mouvement. Partout oĂč la peine de mort est prodiguĂ©e, la barbarie domine ; partout oĂč la peine de mort est rare, la civilisation rĂšgne. Mouvement. Ce sont lĂ des faits incontestables. Lâadoucissement de la pĂ©nalitĂ© est un grand et sĂ©rieux progrĂšs. Le 18° siĂšcle, câest lĂ une partie de sa gloire, a aboli la torture ; le 19° abolira certainement la peine de mort. AdhĂ©sion Ă gauche. Plusieurs voix. Oui ! oui ! Le citoyen Victor Hugo. Vous ne lâabolirez pas peut-ĂȘtre aujourdâhui ; mais, nâen doutez pas, vous lâabolirez ou vos successeurs lâaboliront demain ! Les mĂȘmes voix. Nous lâabolirons ! Agitation. Le citoyen Victor Hugo. Vous Ă©crivez en tĂȘte du prĂ©ambule de votre constitution En prĂ©sence de Dieu, » et vous commenceriez par lui dĂ©rober, Ă ce Dieu, ce droit qui nâappartient quâĂ lui, le droit de vie et de mort. TrĂšs bien ! trĂšs bien ! Messieurs, il y a trois choses qui sont Ă Dieu et qui nâappartiennent pas Ă lâhomme lâirrĂ©vocable, lâirrĂ©parable, lâindissoluble. Malheur Ă lâhomme sâil les introduit dans ses lois ! Mouvement. TĂŽt ou tard elles font plier la sociĂ©tĂ© sous leur poids, elles dĂ©rangent lâĂ©quilibre nĂ©cessaire des lois et des mĆurs, elles ĂŽtent Ă la justice humaine ses proportions ; et alors il arrive ceci, rĂ©flĂ©chissez-y, messieurs, Profond silence que la loi Ă©pouvante la conscience ! Sensation. Messieurs, je suis montĂ© Ă cette tribune pour vous dire un seul mot, un mot dĂ©cisif, selon moi ; ce mot, le voici Ăcoutez ! Ă©coutez ! AprĂšs fĂ©vrier, le peuple eut une grande pensĂ©e le lendemain du jour oĂč il avait brĂ»lĂ© le trĂŽne, il voulut brĂ»ler lâĂ©chafaud. TrĂšs bien ! â Sensation. Ceux qui agissaient sur son esprit alors ne furent pas, je le regrette profondĂ©ment, Ă la hauteur de son grand cĆur. A gauche TrĂšs bien ! Le citoyen Victor Hugo. On lâempĂȘcha dâexĂ©cuter cette idĂ©e sublime. Eh bien, dans le premier article de la constitution que vous vous votez, vous venez de consacrer la premiĂšre pensĂ©e du peuple, vous avez renversĂ© le trĂŽne; maintenant consacrez lâautre, renversez lâĂ©chafaud. Vif assentiment sur plusieurs bancs.Je vote lâabolition pure, simple et dĂ©finitive de la peine de mort.
ExplicationlittĂ©raire : Victor Hugo, Hernani, III du dĂ©but de la scĂšne jusqu'Ă C'est la mort ! Introduction L'acte III scelle le destin d'Hernani. A la scĂšne Hernani entre chez Dom Ruy Gomez, dĂ©guisĂ© en pĂšlerin. A la fin de la scĂšne 2 et au dĂ©but de la scĂšne il dĂ©couvre que le vieux duc s'apprĂȘte Ă cĂ©lĂ©brer ses noces avec Dona
Commentaire composĂ©. DerniĂšre mise Ă jour 07/12/2021 âą ProposĂ© par viktor Ă©lĂšve Texte Ă©tudiĂ© Oh ! je fus comme fou dans le premier moment, HĂ©las ! et je pleurai trois jours amĂšrement. Vous tous Ă qui Dieu prit votre chĂšre espĂ©rance, PĂšres, mĂšres, dont lâĂąme a souffert ma souffrance, Tout ce que jâĂ©prouvais, lâavez-vous Ă©prouvĂ© ? Je voulais me briser le front sur le pavĂ© ; Puis je me rĂ©voltais, et, par moments, terrible, Je fixais mes regards sur cette chose horrible, Et je nây croyais pas, et je mâĂ©criais Non ! â Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom Qui font que dans le cĆur le dĂ©sespoir se lĂšve ? â Il me semblait que tout nâĂ©tait quâun affreux rĂȘve, Quâelle ne pouvait pas mâavoir ainsi quittĂ©, Que je lâentendais rire en la chambre Ă cĂŽtĂ©, Que câĂ©tait impossible enfin quâelle fĂ»t morte, Et que jâallais la voir entrer par cette porte ! Oh ! que de fois jâai dit Silence ! elle a parlĂ© ! Tenez ! voici le bruit de sa main sur la clĂ© ! Attendez ! elle vient ! Laissez-moi, que jâĂ©coute ! Car elle est quelque part dans la maison sans doute ! Victor Hugo, Les Contemplations - IV, IV PubliĂ© en 1856, Les Contemplations est un recueil de poĂ©sie composĂ© de 156 poĂšmes rassemblĂ©s en 6 livres. Oh ! je fus comme un fou dans le premier moment... » est le 4Ăšme poĂšme du livre 4Ăšme Pauca Meae », le livre de deuil dĂ©diĂ©e Ă sa fille LĂ©opoldine oĂč le poĂšte tente d'Ă©tablir une forme de communication avec elle malgrĂ© sa mort. Le titre Pauca Meae » est une citation latine signifiant Quelques mot pour ma fille ». Le poĂšte place les poĂšmes dans un ordre dĂ©terminĂ©, conçu pour suggĂ©rer au lecteur une chronologie et un enchaĂźnement logique des sentiments. Les textes sont ainsi regroupĂ©s par thĂšmes et selon une progression cohĂ©rente d'abord le dĂ©sespoir, puis la nostalgie, la mĂ©ditation sur la mort, et enfin l'acceptation et l'espoir d'une vie aprĂšs la mort. Le sentiment dominant exprimĂ© par ce poĂšme est une souffrance conduisant Ă la folie. Nous verrons donc dans un premier temps comment Victor Hugo exprime cette souffrance et dans un second temps, nous Ă©tudierons le mouvement vers la folie dans lequel le poĂšte est emportĂ©. I. L'expression de la souffrance Le champ lexical de la souffrance les verbes souffrir, Ă©prouver, pleurer » insistent sur la profondeur du dĂ©sespoir du pĂšre ; dĂ©sespoir qui s'explique par le refus d'accepter le dĂ©cĂšs de sa fille. En effet, nous pouvons Ă©galement relever le champ lexical de la rĂ©volte je me rĂ©voltais ; je n'y croyais pas ; elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quittĂ© ; c'Ă©tait impossible ». L'oxymore affreux rĂȘve » ainsi que la prĂ©cision crue du vers 6 suscite efficacement l'imagination du lecteur Je voulais me briser le front sur le pavĂ© ». Ce verbe de volontĂ© est suivi de digraphes /br/ et /fr/ qui produisent des sons durs, amplifiant la violence de ce vers. Le poĂšte souhaite mourir car sa douleur n'est pas supportable. La souffrance s'exprime Ă©galement par la syntaxe et la ponctuation Les interjections oh ! et 17 ; hĂ©las ! ; Non ! » sonnent comme des cris de cĆur. La fonction expressive de l'exclamation est un moyen de donner Ă la phrase par moment la briĂšvetĂ© et le dĂ©chaĂźnement de la plainte. Du vers 3 Ă 5, Hugo s'adresse Ă certains de ses lecteurs pĂšres et mĂšres », par interrogation rhĂ©torique, qui auraient pu vivre la mĂȘme souffrance que lui ; c'est une façon de quĂȘter une aide, une consolation, de lutter contre la solitude oĂč sa souffran AccĂ©dez Ă la suite de ce contenu AccĂšdez aux contenus premium de 20aubac gratuitement en proposant votre propre corrigĂ©, ou en obtenant un accĂšs payant.
Nouveaupari pour la collection "Ceux qui ont dit non" : l'adaptation en bande dessinée. La figure légendaire de Victor Hugo et son combat contre la peine de mort étaient tout indiqués pour ce premier volume. Les illustrations réalistes de Sébastien Vassant nous émeuvent et nous replongent avec force dans une époque, un combat politique
3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 1743 âCe que câest que la mortâ â Victor HugoNe dites pas mourir ; dites naĂźtre. voit ce que je vois et ce que vous voyez ;On est lâhomme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ;On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ;On tĂąche dâoublier le bas, la fin, lâĂ©cueil,La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ;Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ;Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ;Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme vit, usant ses jours Ă se remplir dâorgueil ;On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe,On monte. Quelle est donc cette aube ? Câest la suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnuVous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,Impur, hideux, nouĂ© des mille noeuds funĂšbresDe ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ;Et soudain on entend quelquâun dans lâinfiniQui chante, et par quelquâun on sent quâon est bĂ©ni,Sans voir la main dâoĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chanteLâamour, et sans savoir quelle est la voix qui arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sentFondre et vivre ; et, dâextase et dâazur sâemplissant,Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trangeDu monstre qui devient dans la lumiĂšre un ange.
Lareligion ; Les contemplations ont aussi un sens mystique : il sâagit de lâitinĂ©raire spirituel de Victor Hugo, qui veut « contempler Dieu » comme annoncĂ© dans sa prĂ©face. Le poĂšte sâinterroge sur le destin humain, le sens de la mort. Il partage ses doutes et son dĂ©sespoir suite au dĂ©cĂšs de sa fille.
InayaPlume d'Eau Nombre de messages 50031Age 61Date d'inscription 05/11/2010Sujet Victor HUGO 1802-1885 Ce que c'est que la mort Mar 19 Juil - 2350 Ce que c'est que la mortNe dites pas mourir ; dites naĂźtre. voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ;On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ;On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil,La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ;Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ;Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ;Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme vit, usant ses jours Ă se remplir d'orgueil ;On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe,On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnuVous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,Impur, hideux, nouĂ© des mille noeuds funĂšbresDe ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est bĂ©ni, Sans voir la main d'oĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chante L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un ange.
LacĂ©sure se fait Ă la mort de LĂ©opoldine, sa fille, qui nâavait que 19 ans. LâĂ©vĂ©nement survient en 1843 et bouleverse le poĂšte, notamment dans sa foi. Pour le bac de français, on ne sâintĂ©ressera quâaux quatre premiers livres. Les grandes dates de la vie de Victor Hugo, sur le site des Maisons de Victor Hugo. Aurore, qui porte sur la jeunesse de Victor
Victor Hugo PrĂ©sente-t-on Victor Hugo ? Ă l'Ă©vidence, aprĂšs treize piĂšces de théùtre, neuf romans, vingt recueils de poĂ©sie et 83 ans d'existence, dont 65 annĂ©es d'Ă©criture, l'homme qui a mis un ... [+] Ne dites pas mourir ; dites naĂźtre. voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ;On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ;On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil,La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ;Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ;Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ;Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme vit, usant ses jours Ă se remplir d'orgueil ;On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe,On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnuVous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,Impur, hideux, nouĂ© des mille noeuds funĂšbresDe ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est bĂ©ni, Sans voir la main d'oĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chante L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un ange.
VictorHugo qui GLISSE :ouch: Répondre. Nouveau sujet Liste des sujets. Actualiser. 1. SanctuRisitum. MP. 25 août 2022 à 20:37:37. Ce khey qui se croit drÎle avec son humour glissant.
Ne dites pas mourir ; dites naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est lâhomme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ; On tĂąche dâoublier le bas, la fin, lâĂ©cueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ; Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ; Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme oeil. On vit, usant ses jours Ă se remplir dâorgueil ; On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? Câest la tombe. OĂč suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, nouĂ© des mille noeuds funĂšbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelquâun dans lâinfini Qui chante, et par quelquâun on sent quâon est bĂ©ni, Sans voir la main dâoĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chante Lâamour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, dâextase et dâazur sâemplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un ange. Victor Hugo, Les contemplations
Ceque c'est que la mort. Ne dites pas: mourir; dites: naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes; On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil; Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre; Car tous les hommes sont les fils du
Il voit pour la premiĂšre fois un Ă©chafaud, la foule rugissante qui lâentoure, et un homme attachĂ©, lâair hĂ©bĂ©tĂ© de terreur »[1], Ă qui lâon tend un crucifix. Hugo ne se remettra jamais de cette scĂšne, ni de celles qui suivront elles seront nombreuses. La bĂȘte immonde de la guillotine est partout prĂ©sente dans son Ćuvre⊠LâĂ©chafaud est une vision. LâĂ©chafaud nâest pas une charpente, lâĂ©chafaud nâest pas une machine, lâĂ©chafaud nâest pas une mĂ©canique inerte faite de bois, de fer et de cordes. Il semble que ce soit une sorte dâĂȘtre qui a je ne sais quelle sombre initiative ⊠il dĂ©vore ; il mange de la chair, il boit du sang. Câ est une sorte de monstre fabriquĂ© par le juge et par le charpentier, un spectre qui semble vivre dâune espĂšce de vie Ă©pouvantable faite de toute la mort quâil a donnĂ©e. » [2] DĂšs lors, Victor Hugo sâassigne une mission il faut sauver les hommes de cette barbarie, et combattre ce quâil appelle les mauvaises actions de la loi »⊠Le voilĂ lancĂ©, Ă 27 ans, dans le plus difficile combat de sa vie â un combat quâil entend bien gagner par la voix et la plume⊠Avec Le Dernier jour dâun condamnĂ©, Victor Hugo frappe fortL'auteur livre le rĂ©cit bouleversant dâun homme qui va mourir et qui livre ses derniĂšres pensĂ©es. La grande audace est dans la forme lâouvrage est tout entier Ă©crit Ă la premiĂšre personne, de sorte que le lecteur sâidentifie au prisonnier. Aucun indice sur son identitĂ©, ni mĂȘme sur le crime quâil a commis. Ce condamnĂ© Ă mort est seul, dans sa cellule, et nous sommes enfermĂ©s avec lui, dans sa tĂȘte⊠Le roman est publiĂ© sans nom dâauteur en 1829. Trois ans plus tard, Hugo rĂ©dige une prĂ©face retentissante qui marque le dĂ©but de la lutte politique La sociĂ©tĂ© est entre deux. Le chĂątiment est au-dessus d'elle, la vengeance au-dessous. ⊠Elle ne doit pas "punir pour se venger" ; elle doit corriger pour amĂ©liorer. » [1]Victor Hugo racontĂ© par un tĂ©moin de sa vie , chap. XXI, OC, Ă©d. Jean Massin [2]Les MisĂ©rables, Fantine », p. 53 Folio
Ceque c'est que la mort - Victor Hugo. 19Ăšme siĂšcle, PoĂšmes, Victor Hugo. Ne dites pas : mourir ; dites : naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ; On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit
Dans Ce que c'est que la mort » Les Contemplations, Victor Hugo dĂ©crit le caractĂšre mortel de la vie ou la finitude de l'existence., Ă©trange dĂ©faite »MalgrĂ© son ignorance de la mort, cette grande inconnue, il exprime sa foi dans la l'amour et la lumiĂšre. Fondre et vivre », une mĂ©taphore de la renaissance. Ne dites pas mourir ; dites naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est lâhomme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ; On tĂąche dâoublier le bas, la fin, lâĂ©cueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ; Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ; Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme Ćil. On vit, usant ses jours Ă se remplir dâorgueil ; On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? Câest la tombe. OĂč suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, nouĂ© des mille nĆuds funĂšbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelquâun dans lâinfini Qui chante, et par quelquâun on sent quâon est bĂ©ni, Sans voir la main dâoĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chante Lâamour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, dâextase et dâazur sâemplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un ange. Au dolmen de la tour Blanche, jour des Morts, novembre 1854.
Ceque c'est que la mort PoĂšme de VICTOR HUGO. Ne dites pas : mourir ; dites : naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ; On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ;
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VictorHugo. Victor Hugo, nĂ© en FĂ©vrier 26, 1802 Ă Besançon et dĂ©cĂ©dĂ© le 22 mai 1885 Ă Paris, est un Ă©crivain poĂšte, dramaturge et de la prose romantique considĂ©rĂ© comme une des plus grandes Ă©crivains de langue française. Il est aussi un politicien et un intellectuel engagĂ© qui a marquĂ© lâhistoire du XIXe siĂšcle.
Bonjour, je souhaiterai savoir comment victor Hugo percoit la mort, et particuliĂšrement dans ce poĂšme " ce que c'est que la mort". Je dois en rĂ©alitĂ© rĂ©aliser une anthologie poĂ©tique et j'ai choisi le thĂšme de la mort Voici le poĂšme Ne dites pas mourir ; dites naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l'homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ; On tĂąche d'oublier le bas, la fin, l'Ă©cueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ; Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ; Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme oeil. On vit, usant ses jours Ă se remplir d'orgueil ; On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la tombe. OĂč suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, nouĂ© des mille noeuds funĂšbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est bĂ©ni, Sans voir la main d'oĂč tombe Ă notre Ăąme mĂ©chante L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un ange. Merci d'avance !
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ce que c est que la mort victor hugo